Guide pratique

Estimer ce qui vous manquera à la retraite

Votre future pension n'est pas une inconnue : elle se lit, se vérifie et se chiffre. Cinq étapes pour connaître l'écart à combler, et choisir comment le combler.

Ouvrir votre relevé de carrière

Tout part d'un document que vous pouvez consulter aujourd'hui, à tout âge, gratuitement. Inutile d'attendre l'approche du départ pour l'ouvrir.

Compte retraite sur info-retraite.fr

Carrière, trimestres et points de tous vos régimes, simulateur de pension.

  1. 35 ansRelevé
  2. 40 ansRelevé
  3. 45 ansRelevé
  4. 50 ansRelevé
  5. 55 ansEstimation
Par courrier : un relevé de situation individuelle, puis dès 55 ans une estimation indicative globale de votre pension.

Le compte retraite du site info-retraite.fr rassemble votre carrière, année par année, avec les trimestres et les points de tous vos régimes. Le relevé se télécharge en PDF. Le même site propose « Mon estimation retraite », qui simule votre pension à plusieurs âges de départ.

Vous recevez aussi ces informations par courrier : un relevé de situation individuelle à 35, 40, 45 et 50 ans, puis, à partir de 55 ans, une estimation indicative globale qui chiffre votre pension selon l'âge de départ. Dès 45 ans, vous pouvez demander un entretien information retraite.

  • Créer votre compte sur info-retraite.fr.
  • Télécharger votre relevé de carrière en PDF.
  • Noter vos régimes : base, complémentaire, et éventuellement fonctionnaire ou indépendant.

Repère : Le relevé de carrière est consultable à tout âge, pas seulement à l'approche de la retraite.

Vérifier chaque année

Une période oubliée sur votre relevé, c'est une pension plus faible pendant toute la retraite. Elle se corrige d'autant mieux qu'elle est repérée tôt.

  1. Année 1
  2. Année 2
  3. Année 3
  4. Année 4
  5. Année 5
  6. Année 6
Quatre trimestres au plus par année. Une année incomplète se vérifie en premier.

Une année compte au plus quatre trimestres. Un trimestre ne correspond pas à trois mois travaillés : il se valide par un revenu, 150 heures payées au SMIC depuis 2014 (200 heures avant). Vérifiez aussi les salaires reportés, qui servent au calcul de la pension, et les points de retraite complémentaire.

Vérifiez en particulier les petits emplois de début de carrière, le chômage, la maternité, l'apprentissage et les stages. Le service militaire et les périodes à l'étranger n'y figurent souvent pas : ils sont ajoutés lors de la demande de retraite, gardez vos justificatifs. Avant 55 ans, la correction se demande à chaque régime. À partir de 55 ans, le service « Corriger ma carrière » du compte info-retraite la transmet à tous.

  • Repérer chaque année à moins de quatre trimestres.
  • Vérifier que vos enfants sont bien déclarés.
  • Rassembler les justificatifs des périodes manquantes.

Repère : Aucun délai de correction n'est garanti : la caisse nationale conseille de vérifier sa carrière cinq ans avant le départ.

Connaître vos repères de départ

Trois chiffres fixent votre calendrier : l'âge à partir duquel vous pouvez partir, le nombre de trimestres pour le taux plein, et l'âge où la décote disparaît de toute façon.

NaissanceÂge légalTrimestres
196262 ans 6 mois169
1963 à mars 196562 ans 9 mois170
Avril à décembre 196563 ans171
196663 ans 3 mois172
196763 ans 6 mois172
196863 ans 9 mois172
1969 et après64 ans172
À 67 ans, la décote disparaît dans tous les cas. Source : service-public.fr, règles au 25 septembre 2026.

La réforme de 2023 est suspendue : pour les pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2028, la hausse de l'âge légal et de la durée d'assurance est gelée. Pour une personne née en 1964, l'âge légal est de 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres. Pour les générations nées à partir de 1969, la loi prévoit toujours 64 ans et 172 trimestres.

Partir avant d'avoir tous vos trimestres réduit la pension de base de deux façons, et pour toujours : une décote sur le taux de calcul, et une pension proportionnelle aux trimestres acquis. À 67 ans, la décote disparaît quel que soit le nombre de trimestres, mais pas la proportion : une carrière incomplète donne toujours une pension incomplète. Chaque trimestre travaillé au-delà de l'âge légal et de la durée requise majore au contraire votre pension de base de 1,25 %.

  • Noter votre âge légal et le nombre de trimestres requis pour votre génération.
  • Compter les trimestres qui vous manqueront à cet âge.
  • Noter l'âge où ils seront tous acquis.

Repère : À 67 ans, la décote disparaît dans tous les cas. Une carrière incomplète donne pourtant toujours une pension proportionnellement plus faible.

Chiffrer l'écart

Ce qui compte n'est pas le montant de la pension, mais ce qui manquera entre elle et votre budget. Plus votre salaire est élevé, plus cet écart se creuse.

  • Non-cadre du privé74,7 %
  • Fonctionnaire sédentaire de catégorie B61,4 %
  • Cadre du privé51,9 %
Carrière complète, génération 1964. Source : Conseil d'orientation des retraites, juin 2026.

Le Conseil d'orientation des retraites calcule le taux de remplacement : la première pension nette rapportée au dernier salaire net. Pour une carrière complète dans le privé, il est d'environ 75 % pour un non-cadre, mais d'environ 50 % pour un cadre, dont la pension de base est plafonnée. Pour les indépendants, il n'existe pas de chiffre comparable : seul votre relevé fait foi.

Simulez votre pension à deux ou trois âges de départ avec « Mon estimation retraite ». Puis écrivez votre budget de retraite : les dépenses qui disparaissent, comme le crédit immobilier une fois remboursé, et celles qui apparaissent. La différence, mois par mois, est l'écart à combler.

  • Simuler la pension à deux ou trois âges de départ.
  • Écrire votre budget mensuel de retraite.
  • Noter l'écart mensuel entre les deux.

Repère : Pour un cadre du privé à carrière complète, le Conseil d'orientation des retraites estime la première pension à environ la moitié du dernier salaire net.

Racheter des trimestres ou épargner

Les deux comblent l'écart, mais pas de la même façon : un rachat achète une pension à vie, l'épargne constitue un capital. La bonne question n'est pas lequel rapporte le plus, mais de quoi vous aurez besoin.

CritèreRacheter des trimestresÉpargner
Ce que vous obtenezUne pension en plus, à vieUn capital
Risque de marchéAucunSelon les supports
DisponibilitéJamaisPER bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage ; assurance-vie libre
À votre décèsRéversion possible à l'époux, sous conditionsCapital transmis
À l'entréeDéductiblePER déductible avant 70 ans, assurance-vie non
Se juge àAnnées pour récupérer son coûtRendement net

Le premier levier ne coûte rien : la date de départ. Si vous aurez tous vos trimestres en travaillant jusqu'à l'âge prévu, un rachat ne sert à rien. Chaque trimestre travaillé après l'âge légal, une fois tous vos trimestres acquis, majore même la pension de base de 1,25 %.

Racheter des trimestres, pour des années d'études ou des années incomplètes, coûte en 2026 au régime général entre 1 055 € et 6 684 € par trimestre selon votre âge, votre revenu et l'option choisie, moins pour des années d'études rachetées avant la fin de l'année de vos 40 ans, et douze trimestres au plus. Ce coût se déduit de votre revenu imposable. En échange, vous touchez un supplément de pension à vie, sans risque de marché ; et si le rachat vous fait atteindre le taux plein, il supprime aussi la minoration de votre retraite complémentaire Agirc-Arrco. Mais la somme versée ne se récupère jamais, et elle ne se transmet pas : seul votre époux ou ex-époux peut en garder une part, par la pension de réversion, à partir de 55 ans et sous plafond de ressources.

Pour juger un rachat, divisez son coût, net de l'économie d'impôt, par le supplément de pension mensuel : vous obtenez le nombre de mois de retraite nécessaires pour rentrer dans vos frais. Comparez-le à la durée de retraite que vous pouvez espérer, puis à ce que la même somme deviendrait sur un PER ou une assurance-vie, qui restent un capital, transmissible à votre décès. Plus vous rachetez tôt, moins le trimestre coûte, mais moins vous savez s'il vous manquera vraiment.

  • Vérifier si vos trimestres manquants seront acquis en travaillant jusqu'à l'âge prévu.
  • Demander le coût d'un rachat à votre caisse, et estimer le supplément de pension en simulant votre retraite avec et sans ces trimestres.
  • Diviser le coût net par ce supplément, puis comparer au même montant placé sur un PER ou une assurance-vie.

Repère : Un rachat se juge en années : celles qu'il faut passer à la retraite pour récupérer son coût net. S'il en faut plus que votre espérance de vie à la retraite, il ne se rembourse pas.

Questions fréquentes

Ce guide est pédagogique : il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Règles en vigueur au 25 septembre 2026 : la hausse de l'âge légal est suspendue jusqu'au 1er janvier 2028, et une nouvelle loi peut changer ces repères. Taux de remplacement : Conseil d'orientation des retraites, rapport de juin 2026.